Dans un geste qui n'excitera ni ne surprendra quiconque a déjà observé la bureaucratie gouvernementale en action, la Commission de réglementation nucléaire (NRC) a proposé une nouvelle règle qui modifie la façon dont elle réglemente l'exposition aux radiations - en conservant intégralement la science et en remplaçant une terminologie qui apparemment semait la confusion.

La règle proposée, déposée juste avant les vacances du 4 juillet comme une patate chaude dont personne ne voulait s'occuper, conserve le modèle linéaire sans seuil (LNT), selon lequel toute quantité de radiation peut causer des dommages, et remplace simplement l'ancienne norme ALARA (aussi bas que raisonnablement possible) par une « approche graduée » qui semble étrangement similaire. La NRC estime que cela permettra à l'industrie d'économiser la somme faramineuse de 9,5 millions de dollars par an - soit environ 150 000 dollars par centrale nucléaire, ce qui correspond à peu près au coût de remplacement de quelques tuyaux qui fuient.

Cela fait suite à des années de plaintes de la part des partisans du nucléaire selon lesquelles ALARA était trop vague et subjectif, entraînant des cycles sans fin de réduction des doses qui ignoraient les coûts. La NRC a reconnu le problème, notant que « le test de raisonnabilité... est progressivement devenu une attente selon laquelle si un moyen de réduction de dose est disponible, indépendamment de sa raisonnabilité... il devrait être appliqué sans autre considération. » Alors ils abandonnent le mot « raisonnable » au profit de « optimisation », qu'ils définissent également comme une forme d'ALARA. Clair comme de l'eau de roche.

Malgré un décret de l'administration Trump qualifiant le LNT d'« irrationnel » et dépourvu de « base scientifique solide », la NRC a décidé de le conserver, déclarant qu'« aucun modèle alternatif consensuel et prêt pour la réglementation au modèle LNT n'existe à l'heure actuelle. » Traduction : Nous avons vérifié, et l'hormèse - l'idée qu'un peu de radiation est bon pour vous - ne tient toujours pas la route. Désolé, amateurs de smoothies radioactifs.

Les nouvelles règles mettent également à jour les exigences relatives aux équipements de surveillance, car la technologie a progressé depuis la dernière mise à jour. Ainsi, les organisations actuellement en conformité le resteront sans lever le petit doigt, et ceux qui espéraient une renaissance nucléaire devront chercher ailleurs leur remède miracle. La NRC a essentiellement dit : « Nous vous entendons, mais nous allons continuer à faire ce que nous faisons, juste avec des étiquettes différentes. »