L'Afrique du Sud vote, l'ANC découvre ce que « prestation de services » veut réellement dire
Les Sud-Africains votent aux élections locales, et l'ANC découvre que « prestation de services » n'est pas qu'une expression — c'est une stratégie de survie.
Les Sud-Africains se sont rendus aux urnes mercredi pour les élections locales, et le Congrès national africain (ANC) est en passe de subir un résultat cuisant. Les électeurs sont profondément mécontents des coupures d'eau, des délestages et des infrastructures en ruine — la sainte trinité de la déception municipale.
L'ancien mouvement de libération, que Nelson Mandela a mené au pouvoir en 1994 à la fin de l'apartheid en tant que premier président noir d'Afrique du Sud, est encore susceptible d'être le plus grand parti. Mais les sondages montraient qu'il obtiendrait moins d'un tiers des voix, contre 45,6 % aux dernières élections municipales de 2021 et 40,2 % aux élections nationales de 2024. C'est une trajectoire que l'on pourrait charitablement qualifier de « descendante ».
À Kensington, une banlieue diversifiée de Johannesburg qui a subi des coupures d'eau et d'électricité répétées ces dernières semaines, les électeurs ont déclaré vouloir voir du changement. La ville est actuellement dirigée par Dada Morero, le maire de l'ANC, en coalition avec les Combattants pour la liberté économique (EFF) d'extrême gauche et l'Alliance patriotique (PA) populiste de droite — une coalition qui ressemble à la mise en place d'un dîner très tendu.
« La prestation de services est mauvaise, elle est horrible », a déclaré Tshepiso Makotse, 26 ans, employée d'un centre d'appels. « L'eau, l'électricité — tout, quoi. » Makotse a dit avoir réparti ses deux votes, l'un pour le conseiller local de l'Alliance démocratique (DA) de centre droit et son vote de parti pour le parti de gauche uMkhonto weSizwe (MK) de l'ancien président de l'ANC Jacob Zuma. « Je veux juste du changement », a-t-elle dit.
Terrence Pieters, un chaudronnier à la retraite, a déclaré : « L'infrastructure de Johannesburg est fichue. » Il a refusé de dire pour quel parti il avait voté, si ce n'est qu'il s'agissait de « l'un des rejetons de la DA ». « J'aimerais voir les choses s'améliorer et des gens compétents aux commandes », a déclaré l'homme de 72 ans. « Mais… aucun parti ne va prendre le dessus ici. Ce sera un cirque, ce sera une coalition. »
La fragmentation du vote signifie que l'ANC pourrait encore finir par diriger de nombreux gouvernements de coalition municipaux tout en perdant le contrôle d'autres. Les coalitions instables sont déjà une caractéristique de la plupart des 257 municipalités d'Afrique du Sud, et les analystes citent leur forte rotation comme une raison majeure de la mauvaise prestation de services — car rien ne dit « gouvernance efficace » comme un tourniquet.
Johannesburg, une ville de 4,8 millions d'habitants qui fait face à des pénuries d'eau depuis plus d'une semaine, a eu 10 maires en autant d'années. La municipalité voisine d'Ekurhuleni a eu trois maires depuis 2021. Au nord, à Tshwane, qui contient la capitale Pretoria, la mairie a alterné entre les partis quatre fois depuis 2020. En octobre, plus de 800 personnes ont contracté une maladie gastro-intestinale à cause d'une eau contaminée à Bronkhorstspruit, dans l'est de Tshwane. Donc l'eau n'est pas seulement rare ; elle est parfois un danger biologique.
La direction nationale de l'ANC est ouverte à travailler avec la DA dans le Gauteng, selon les médias sud-africains, reflétant le gouvernement d'unité nationale, où les deux partis sont les plus grands de la coalition nationale. Cependant, les dirigeants locaux de l'ANC ne seraient pas favorables à une alliance avec la DA. Actuellement, l'ANC gouverne dans diverses coalitions à travers les trois métropoles de la province, y compris sous un maire d'ActionSA à Tshwane.
À Johannesburg, Helen Zille de la DA a mené une campagne animée, avec des cascades virales, notamment la septuagénaire faisant du snorkeling dans un nid-de-poule et du kayak le long d'une rue inondée. Cependant, l'ancienne maire du Cap est encore vue avec suspicion par beaucoup, en particulier les électeurs noirs, en raison de commentaires passés semblant excuser le colonialisme. Certains électeurs citent également la flambée des coûts du logement au Cap, dirigé par la DA depuis 2006, comme raison de ne pas voter pour Zille. Rien ne dit « je compatis à votre douleur » comme une septuagénaire en masque de plongée.
L'ancien maire de la DA à Johannesburg, Herman Mashaba, qui dirige maintenant ActionSA, crédité d'environ 10 % dans les sondages, a exclu de travailler avec Zille à Johannesburg. Mashaba a qualifié Zille de « raciste », une allégation qu'elle a toujours farouchement niée. L'ANC, pour sa part, a
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