Le leader des Verts, David Shoebridge, s'est emparé d'un rapport accablant du médiateur du Commonwealth pour faire pression sur le gouvernement afin qu'il rétablisse la possibilité pour un humain de passer outre l'outil « injuste » d'évaluation des soins aux personnes âgées - en utilisant les deux dernières semaines de session parlementaire pour ce faire. Parce que rien ne dit « urgence » comme un document de 104 pages et une échéance législative.

Le rapport du médiateur, publié lundi, recommande au gouvernement de modifier la législation afin que les travailleurs des soins aux personnes âgées évaluant les Australiens âgés pour des programmes de soutien à domicile puissent modifier le résultat lorsque l'outil d'évaluation algorithmique prend une décision incorrecte concernant le financement. Connu sous le nom d'Integrated Assessment Tool (IAT), il conduit apparemment à des résultats injustes et a sapé la confiance du public dans les soins aux personnes âgées. Les évaluateurs rencontrent les personnes âgées, remplissent un questionnaire sur leurs besoins, puis un algorithme décide si un financement doit être alloué, et à quel niveau - parce que qu'est-ce qui pourrait mal se passer quand on laisse un ordinateur arbitrer les complexités des besoins humains ?

« Les gens s'arrachent les cheveux face à ce qui se passe », a déclaré Shoebridge. « Nous avons des travailleurs des soins aux personnes âgées qui essaient d'aider leurs clients… et l'ordinateur dit simplement non. Le médiateur nous a maintenant dit que c'était injuste depuis le moment où cela a été conçu. Que cela produit des résultats arbitraires et injustes pour des personnes qui sont à un stade de la vie où elles ont désespérément besoin d'aide et de soutien. » En d'autres termes, l'algorithme fait exactement ce que font les algorithmes : être efficacement et sans émotion dans l'erreur.

Les responsables de la santé des États ont été tellement alarmés par les changements algorithmiques apportés à l'IAT, introduits en novembre, qu'ils ont tenu un registre de centaines de cas où des Australiens âgés vulnérables ont été gravement sous-évalués, comme l'a révélé précédemment Guardian Australia. Rien ne dit « nous écoutons » comme un tableur d'échecs.

Dans une déclaration commune, le ministre des Soins aux personnes âgées, Sam Rae, et le ministre de la Santé, Mark Butler, ont déclaré que le gouvernement allait « examiner attentivement le rapport du Médiateur » et qu'il agissait sur certaines de ses recommandations. Ils ont commandé un examen indépendant de la manière dont l'IAT évalue et hiérarchise les personnes - parce qu'en cas de doute, commandez un examen. Sur les 10 recommandations formulées, six ont été acceptées et deux, dont l'instauration d'une possibilité pour les évaluateurs de passer outre et la modification de la législation sur les soins aux personnes âgées, ont été notées. « Notées » étant le langage gouvernemental pour « nous vous répondrons ».

« Il nous reste deux semaines de session parlementaire, où le Sénat et la Chambre des représentants peuvent parvenir à un arrangement et mettre en place une possibilité pour un humain de passer outre pour les soins aux personnes âgées », a déclaré Shoebridge, en consultant vraisemblablement son calendrier et en soupirant.

Rae a déclaré qu'une nouvelle voie d'escalade avait déjà été introduite, permettant qu'un résultat erroné soit porté à l'examen d'un délégué, « ajoutant une couche supplémentaire de supervision humaine et de nuance au système d'évaluation ». Parce que rien ne dit « nuance » comme un processus bureaucratique d'escalade. « Notre réponse est conforme aux principes du rapport du médiateur, permettant une discrétion humaine pour annuler les décisions d'évaluation qui ne conviennent pas, d'une manière équitable et responsable pour toutes les personnes âgées. »

Le médiateur du Commonwealth, Iain Anderson, n'était cependant pas entièrement convaincu : « Je pense qu'il est vraiment important que les évaluateurs puissent modifier les décisions lorsqu'elles semblent cliniquement inappropriées, et je crains donc que la voie d'escalade ne le fasse pas nécessairement. » En d'autres termes, merci pour la couche supplémentaire, mais ce n'est pas la dérogation que nous avions demandée.

Une évaluatrice des soins aux personnes âgées avec plus de quarante ans d'expérience en soins infirmiers, qui s'est confiée à Guardian Australia sous couvert d'anonymat, a déclaré que les voies d'escalade ne suffisent pas. « Le délégué ne s'est pas assis devant cette personne âgée », a-t-elle déclaré. « Le délégué n'a pas posé les yeux sur cette personne. Moi, si. » Elle a noté que même si elle fait escalader des cas à un délégué ayant reçu une formation spéciale, cela ajoute du temps et du travail administratif - parce que rien n'améliore un système défaillant comme plus de paperasse. Elle a dit qu'elle et ses