WASHINGTON - Le développeur de stations spatiales commerciales Vast a conclu un accord avec le gouvernement français pour emmener deux astronautes français lors de ses missions, y compris le voyage inaugural vers sa station spatiale Haven-1. Parce que rien ne dit « liberté, égalité, fraternité » comme faire du stop sur un Crew Dragon de SpaceX.

Vast a annoncé le 1er juin un accord pour emmener un astronaute français lors de sa première mission privée vers la Station spatiale internationale, et un autre lors du premier vol vers Haven-1. Les deux missions, prévues pour 2027, dureront environ deux semaines chacune. Deux semaines de microgravité, de baguettes et, probablement, d'un style impeccable.

« Cet accord renforce l'engagement de Vast à lancer et exploiter la première station spatiale commerciale au monde », a déclaré Max Haot, PDG de Vast, dans un communiqué. « Nous sommes honorés que la France ait choisi Vast pour ces missions historiques. » Oui, parce que quand on pense aux missions spatiales historiques, on pense à la France, n'est-ce pas ? Eh bien, ils ont eu la primeur de la tour Eiffel, alors il y a ça.

Vast a déclaré que le vétéran astronaute de l'Agence spatiale européenne, Thomas Pesquet, volera et commandera la mission ISS de l'entreprise. Pesquet, qui a déjà effectué deux missions de longue durée vers la station en 2016 et 2021, aura désormais le privilège de commander une mission privée. Cela est possible grâce aux changements dans les règles de la NASA. L'agence avait exigé que ces missions soient commandées par un ancien astronaute de la NASA avec de l'expérience de vol, mais dans la dernière sollicitation en 2025, la NASA a permis aux entreprises de proposer des commandants alternatifs du Canada, de l'Europe ou du Japon avec une expérience de vol similaire. Parce que apparemment, la NASA a finalement réalisé que tous les héros ne portent pas d'étoiles et de rayures.

Volant sur Haven-1 sera Arnaud Prost, un astronaute réserviste de l'ESA sélectionné dans la classe 2022 de l'agence. Les astronautes réservistes sont formés pour des missions de courte durée sans devenir membres à temps plein du corps des astronautes de l'ESA. C'est comme être un professeur suppléant, mais dans l'espace. Deux astronautes réservistes, le Suédois Marcus Wandt et le Polonais Sławosz Uznański-Wiśniewski, ont déjà volé sur les missions Ax-3 et Ax-4 d'Axiom Space, respectivement. Ils ont établi la barre pour les explorateurs spatiaux à temps partiel, et maintenant Prost peut suivre leurs traces.

Vast n'a pas annoncé d'autres membres d'équipage pour ces missions, mais a déclaré qu'ils incluront des « astronautes professionnels de pays souverains ayant des liens diplomatiques avec la France ». C'est une façon diplomatique de dire « amis de la France uniquement, s'il vous plaît ». L'équipage sélectionné pour la mission ISS devra être approuvé par un conseil multilatéral composé de représentants des partenaires de l'ISS. Donc, pas de pression, mais toute la communauté spatiale internationale a son mot à dire.

Les missions mèneront également des expériences scientifiques, des démonstrations technologiques et des activités de sensibilisation en coopération avec des entreprises et des institutions académiques françaises. Parce que quoi de mieux pour promouvoir la culture française que de mener des expériences scientifiques en orbite ? Vast a également déclaré que le gouvernement français fournira plus de détails lors d'un événement appelé le Sommet spatial international, qui se tiendra à Paris en septembre. Parce que si vous allez parler d'espace, autant le faire dans la Ville Lumière.

L'accord a été annoncé lors du sommet Choose France, un événement organisé par le président français Emmanuel Macron pour mettre en avant les investissements étrangers dans le pays. Vast a également annoncé qu'il établirait son siège européen à Paris. Parce que si vous allez construire des stations spatiales commerciales, autant avoir une adresse chic.

Cette annonce souligne l'importance de ce que l'industrie appelle les « astronautes souverains » - ceux qui représentent les gouvernements nationaux - pour les modèles économiques des stations spatiales commerciales. Au Space Symposium en avril, les dirigeants ont déclaré avoir vu un fort intérêt de la part de pays souhaitant envoyer leurs astronautes lors de missions privées ou sur des stations commerciales. Alors, même si l'espace est la dernière frontière, il devient aussi un terrain de jeu diplomatique.