Il y a quelque chose de magique dans les longues soirées de juin - la chaleur, la façon dont le soleil couchant projette de longues ombres sur les champs, et le fait qu'il y a encore beaucoup de travail à faire avant la récolte. Parce que rien ne dit "magique" comme arracher la folle avoine et le vulpin des champs des lignes de semences. Des règles strictes régissent le nombre de ces plantes indésirables autorisées par hectare, et des inspecteurs indépendants vérifient les résultats. Des fonctionnaires de l'Animal and Plant Health Agency parcourent même les cultures de semences de meilleure qualité, probablement avec des blocs-notes et des regards sévères.

Les jours plus humides, le personnel de la ferme se met à l'abri pour nettoyer les greniers à grains et installer des "pièges appâts" pour les insectes nuisibles comme les charançons des grains et les acariens. Si les nuisibles se montrent, ils repartent avec des brosses et des aspirateurs - un rappel palpitant que l'agriculture est surtout une question de ménage très persistant.

La récente période sèche a favorisé les bordures de fleurs sauvages - bleuets, coquelicots, nielle des blés, marguerites, phacélies et autres - qui attirent les abeilles et les papillons, mais aussi constituent un habitat pour les contrôleurs de pucerons. Ces héros méconnus incluent les coccinelles, les guêpes parasites et les syrphes, qui s'enfoncent de plusieurs centaines de mètres dans les cultures comme le blé et le colza, réduisant considérablement le besoin de produits chimiques. Il s'avère que la nature a déjà inventé la lutte intégrée ; elle appelle ça simplement "les coccinelles qui mangent des trucs."

Bientôt, ils feront les foins. La demande est forte après les rendements frappés par la sécheresse de l'année dernière, mais ils ne font pas de compromis en fabriquant du foin enrubanné ou de l'ensilage en avril ou mai, car l'agriculteur dit qu'il ne supporte pas le plastique dans la campagne, et une coupe précoce nuit aux oiseaux nichant au sol. Le problème avec le foin, c'est le climat changeant et imprévisible. La patience peut être mise à l'épreuve quand une "canicule de sept jours" devient cinq jours, ou trois, ou que le temps sec est suivi de pluies torrentielles.

Ce ne sont pas seulement les soirées qui sont glorieuses ici - le chœur de l'aube est souvent assourdissant et commence bien avant 5 heures du matin. L'agriculteur sait grâce à l'application Merlin et à une promenade mensuelle de la RSPB qu'ils organisent que la vie aviaire prospère. Lors de la première visite de la RSPB, ils ont recensé 36 espèces, dont six fauvettes différentes. Ça fait beaucoup d'oiseaux qui chantent avant le café.