Le gouvernement va planter 500 000 arbres, parce qu'apparemment la nature faisait mieux le boulot que nous
Le gouvernement promet 79 millions de livres et un demi-million d'arbres pour lutter contre les phénomènes météorologiques extrêmes, parce que la nature avait apparemment eu la bonne idée depuis le début et que nous avions juste arrêté d'écouter.
Dans un geste qui suggère que quelqu'un à Westminster a enfin regardé par la fenêtre, la secrétaire d'État à l'Environnement Angela Eagle s'engagera mercredi matin à planter un demi-million d'arbres à travers l'Angleterre au cours des trois prochaines années. Les arbres sont censés protéger contre les phénomènes météorologiques extrêmes, une phrase qui ne devrait pas avoir besoin d'exister mais qui existe bel et bien.
Les maires, les autorités locales, les associations caritatives et les groupes citoyens recevront de nouveaux financements et responsabilités pour restaurer les paysages naturels tels que les zones humides, les berges de rivières et les prairies. Ces paysages, il s'avère, peuvent assurer une gestion naturelle des crues et réduire les dégâts de la sécheresse — un concept connu sous le nom de « comment les choses fonctionnaient avant qu'on bétonne tout ».
Le paquet de 79 millions de livres, qui sera annoncé dans le discours d'Eagle à la conférence du Parti travailliste à Liverpool, comprend 53 millions pour la plantation d'arbres et 26 millions pour des « stratégies locales de restauration de la nature ». Cela fait environ 158 livres par arbre, ce qui semble énorme jusqu'à ce qu'on considère que l'alternative est de regarder sa rue flotter au loin.
La sécheresse de cet été a démontré l'urgence de planter plus d'arbres et de mieux protéger les paysages naturels, devrait déclarer Eagle. « Dans les zones où la nature a pu s'épanouir, le sol a retenu plus d'eau et les sécheresses ont été moins graves », dira-t-elle à la conférence. « Dans les rues où des arbres ont été plantés, l'ombre a permis des températures plus basses. Et quand la pluie est enfin arrivée, ces mêmes arbres ont réduit le risque d'inondations. Nous méritons tous d'avoir accès aux bienfaits que la nature peut apporter. » C'est l'équivalent politique d'annoncer que l'eau mouille, mais avec une ligne budgétaire.
Les statistiques sont véritablement impressionnantes : les arbres peuvent réduire la température de l'air de 4 °C dans les villes, rendant les canicules plus supportables, tandis qu'un seul arbre mature peut intercepter 15 000 litres d'eau par an, réduisant les risques d'inondation et de ruissellement pendant les tempêtes. Ils peuvent aussi diviser par deux la pollution sonore, absorber la pollution atmosphérique et fournir des habitats à la faune dans les villes. Bref, les arbres sont le seul projet d'infrastructure qui s'améliore avec l'âge et qui ne vous envoie pas de facture.
Faisant écho à l'agenda localiste défendu par Andy Burnham, Eagle dira à la conférence que le Royaume-Uni doit combiner un accent sur les communautés locales avec le renforcement de la résilience de tout le pays face aux impacts de plus en plus intenses de la crise climatique mondiale. Elle déclarera que confier la prise de décision à ceux qui connaissent le mieux leurs communautés est le moyen le plus efficace d'améliorer la nature et de renforcer le Royaume-Uni face à un climat changeant — une rupture rafraîchissante avec l'approche habituelle consistant à laisser quelqu'un à Londres qui n'a jamais vu une zone humide décider de son sort.
Craig Bennett, directeur général de The Wildlife Trusts, a qualifié ces plans de « très encourageants » et a suggéré qu'ils indiquent que Burnham changerait l'orientation du gouvernement sur la nature. « L'ambiance ne pourrait pas être plus différente de celle de Keir Starmer et Rachel Reeves, qui présentaient la nature comme un obstacle au développement », a-t-il déclaré. « Ce sera très bien accueilli. Pendant longtemps, les autorités locales ont essayé d'aider la nature mais n'avaient ni le pouvoir, ni l'argent, ni le soutien politique. Le gouvernement Burnham semble avoir compris que la nature est cruciale pour l'avenir du pays. »
L'Angleterre a perdu plus de 90 % de ses zones humides au cours du siècle dernier. « Nous devons rendre la Grande-Bretagne humide à nouveau », a déclaré Bennett. « Nous pourrions avoir des dizaines de milliers de nouvelles zones humides. » C'est un slogan qui s'écrit presque tout seul, à condition que l'équipe marketing puisse garder son sérieux.
Richard Benwell, directeur général de l'association Wildlife and Countryside Link, a déclaré : « Investir dans l'infrastructure naturelle essentielle dont nous avons besoin pour protéger les entreprises et les communautés est économiquement et écologiquement sensé, surtout lorsque les investissements sont guidés par des plans de restauration de la nature convenus localement. C'est un bon début vers la promesse de Burnham que le gouvernement prenne les devants face aux défis à long terme, en reconnaissant le rôle de la nature dans le soutien de notre économie et l'adaptation au changement climatique. Cela devrait être suivi d'un engagement à... »
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