L'Agence spatiale européenne a officiellement choisi Airbus Defence and Space pour construire la suite de son satellite de surveillance du vent, car apparemment, savoir d'où vient le vent reste une priorité.

L'ESA a annoncé le 2 juillet avoir autorisé Airbus à commencer les travaux sur le satellite Aeolus-2, finançant les phases initiales avec un contrat de 51 millions d'euros (58,3 millions de dollars), selon un porte-parole d'Airbus. C'est une somme rondelette pour un satellite qui sera essentiellement une girouette très coûteuse.

Aeolus-2 est le successeur d'Aeolus, un satellite lancé en 2018 pour démontrer la capacité d'un instrument lidar à collecter des profils de vent globaux. Le vaisseau spatial d'origine a fonctionné près de cinq ans avant de rentrer dans l'atmosphère en 2023, ayant prouvé que oui, on peut mesurer le vent depuis l'espace. En 2022, sur la base de ce succès, les États membres de l'ESA ont approuvé une mission de suivi initialement prévue pour être lancée à la fin de la décennie avec deux satellites. Maintenant, l'ESA dit viser un lancement en 2034 pour Aeolus-2 et n'a évoqué qu'un seul satellite - peut-être en raison de contraintes budgétaires ou d'une nouvelle appréciation de faire moins avec moins.

Aeolus-2 embarquera une version mise à jour de l'instrument lidar basée à la fois sur celui d'Aeolus original et sur les versions d'EarthCARE, une mission scientifique terrestre de l'ESA lancée en 2024. Le lidar d'Aeolus original a été un défi à développer, mais ses performances ont dépassé les attentes - une rare victoire pour la technologie spatiale. Le nouvel instrument collectera des données de profil de vent de la surface jusqu'à 30 kilomètres d'altitude toutes les centièmes de seconde, avec une couverture globale complète tous les sept jours. Parce que rien ne dit « on gère » comme mesurer le vent à 100 mesures par seconde. Aeolus-2 embarquera également un instrument supplémentaire pour mesurer les aérosols atmosphériques, parce que pourquoi ne pas ajouter plus de données au mélange ?

« En s'appuyant sur l'héritage lidar d'Aeolus et d'EarthCARE, Aeolus-2 emportera deux lasers, chacun deux fois plus puissant que celui d'Aeolus, avec une conception d'instrument améliorée et plus robuste capable de fournir de manière fiable les données de vent de haute qualité dont les services météorologiques opérationnels ont besoin », a déclaré Ben Boyes, chef de projet pour Aeolus-2 à l'ESA, dans un communiqué. C'est ça : deux fois plus de lasers, deux fois plus de puissance, et probablement deux fois plus de chances d'aveugler accidentellement quelqu'un au sol.

L'ESA travaillera avec Eumetsat, l'agence européenne de satellites météorologiques, sur Aeolus-2. Eumetsat prévoit d'utiliser Aeolus-2 comme mission opérationnelle, intégrant ses données dans les modèles de prévision. « Cette mission de nouvelle génération garantira que les observations globales du vent deviennent une composante permanente de l'infrastructure de prévision météorologique, aidant les sociétés du monde entier à se préparer aux défis météorologiques et climatiques de plus en plus complexes », a déclaré Boyes. En d'autres termes, votre application météo deviendra encore plus précise, même si elle indiquera toujours « risque de pluie » quand il fait beau.

Airbus, qui était également le maître d'œuvre du satellite Aeolus original, construira Aeolus-2 dans ses installations au Royaume-Uni. « Aeolus-2 apportera des avantages réels aux gens à travers le Royaume-Uni, des prévisions météorologiques plus précises qui protègent les vies et les communautés, aux emplois hautement qualifiés qui découlent du fait d'être un partenaire clé dans les programmes scientifiques spatiaux les plus ambitieux d'Europe », a déclaré Liz Lloyd, la ministre britannique de l'Espace, dans un communiqué. Parce que rien ne dit « avantages » comme attendre jusqu'en 2034 pour un satellite de vent.

Alors marquez vos calendriers pour 2034, quand Aeolus-2 sera enfin lancé et nous donnera encore plus de façons de nous plaindre du temps.