Dans un développement qui ne surprend absolument personne connaissant la région, des missiles et des drones ont été interceptés au-dessus de Riyad après que la coalition menée par l'Arabie saoudite a frappé un dépôt de carburant près de Sanaa, la capitale du Yémen contrôlée par les Houthis. Le général de division Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, a confirmé la frappe contre l'installation al-Sabaha de la Yemen Petroleum Company mardi soir, parce que rien ne dit « désescalade » comme faire sauter un dépôt de carburant.

Les Houthis, jamais les derniers à laisser une bonne rancune se perdre, ont averti qu'ils cibleraient l'aéroport de Riyad et la raffinerie Aramco, ainsi que le siège d'Aramco à Dammam. Al-Maliki a ensuite rapporté que des missiles visant Dammam et d'autres villes avaient été interceptés, bien que des éclats soient tombés dans une zone résidentielle à Dhahran. Un bâtiment administratif d'Aramco à Dhahran a également été touché, provoquant un « incendie limité » — ce qui est l'équivalent corporatif de « ce n'est qu'une égratignure ». Aucune victime n'a été signalée.

Pendant ce temps, le cabinet saoudien, présidé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, a déclaré que les Houthis soutenus par l'Iran « en subiraient les conséquences » de leurs récentes attaques. Treize personnes ont été tuées lorsqu'un missile a frappé l'aéroport international King Khalid à Riyad samedi, et une autre personne est morte dans une attaque similaire le lendemain. Mardi, la coalition a déclaré avoir détruit trois drones au nord de Riyad, sans doute en guise d'échauffement.

Les Houthis affirment cibler des aéroports, des installations pétrolières et gazières, et des bases militaires en Arabie saoudite en représailles aux frappes saoudiennes sur le territoire qu'ils contrôlent dans l'ouest du Yémen, y compris Sanaa. La coalition menée par l'Arabie saoudite, pour sa part, fournit un soutien aérien aux forces pro-gouvernementales yéménites sur la côte de la mer Rouge et d'autres lignes de front. C'est un chassé-croisé qui dure depuis si longtemps que tout le monde a oublié qui a porté le premier coup.

À Sanaa, des files d'attente se sont formées aux stations-service mardi après-midi après que la coalition a averti d'une opération imminente contre l'installation pétrolière al-Sabaha. La Yemen Petroleum Company, gérée par les Houthis, a tenté de calmer les esprits en déclarant que l'installation « ne contient aucun stock de produits pétroliers » — voilà donc une chose dont ils n'ont pas à s'inquiéter. Ils ont également affirmé avoir « pris toutes les mesures de précaution nécessaires pour faire face à toute urgence, assurant la stabilité de la situation d'approvisionnement ». Bien sûr.

Après qu'al-Maliki a confirmé la frappe, des explosions ont été entendues au-dessus de Riyad et d'autres villes saoudiennes, avec quatre missiles et deux drones interceptés près de la capitale. La guerre civile yéménite, qui a commencé en 2014 lorsque les Houthis ont chassé le gouvernement internationalement reconnu de Sanaa, s'est intensifiée en 2015 lorsque la coalition menée par l'Arabie saoudite est intervenue. Un cessez-le-feu informel de quatre ans a commencé à s'effondrer en juillet, lorsque les Houthis ont annoncé un « embargo maritime » contre l'Arabie saoudite et ont commencé à attaquer les aéroports saoudiens, les installations pétrolières et les pétroliers en mer Rouge. Ils ont déclaré riposter à un blocus saoudien et à une frappe aérienne sur l'aéroport de Sanaa.

Le conflit s'est encore intensifié en septembre après que les Houthis se sont emparés d'une partie de la côte sud-ouest du Yémen en mer Rouge près du détroit de Bab al-Mandab, un point de passage stratégique pour le transport maritime mondial. Leur avancée a contribué à une hausse des prix du pétrole après six mois de guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le président américain Donald Trump a déclaré sur Truth Social que les Houthis « se comportaient très mal... et tentaient délibérément de faire monter les prix du pétrole ». Il n'a pas répondu s'il aiderait les Saoudiens à riposter, mais a dit qu'il « pourrait » demander au président turc Tayyip Erdogan d'intervenir — parce que rien ne résout une guerre par procuration comme un coup de fil.

La semaine dernière, les forces pro-gouvernementales ont déclaré avoir repris le contrôle du territoire surplombant Bab al-Mandab après une contre-offensive majeure avec le soutien aérien saoudien. Des centaines de personnes auraient été tuées au Yémen depuis août, dont au moins 54 civils, la moitié d'entre eux des enfants, selon le bureau des droits humains de l'ONU. Plus de 216 000 personnes ont été déplacées, et les cas suspects de choléra ont triplé en trois semaines, passant de 217 à