Bienvenue dans un monde médiéval où les comètes sont de mauvais augure, les dragons flamboyants et les taxes punitives. Des temps durs pour le paysan moyen, mais deux âmes chanceuses ont un accès privilégié au pouvoir : le crieur public, qui fait le lien entre monarque et serf, et le bouffon, employé pour dire au roi des vérités déplaisantes. Si quelqu'un peut calmer une révolte paysanne, c'est bien eux.

Le dramaturge Nay Dhanak est fasciné par ce déséquilibre de pouvoir, qu'il compare au fossé actuel entre les magnats de la tech et le reste du monde. Leur premier spectacle professionnel, Pleure/Rire, imagine ce qui arrive quand ces privilégiés marginaux perdent leur emploi. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

D'un côté, un James Peake emphatique joue un crieur public découragé par son flot incessant de mauvaises nouvelles. Il se croit important, mais le roi le vire sans y penser à deux fois. De l'autre, une Morven Blackadder légère joue une bouffonne reconvertie dans une quête impossible : trouver un second soleil pour éclipser une éclipse. Elle reste joyeuse, mais l'oreille du roi ne lui appartient plus.

Cette production de midi pour A Play, a Pie and a Pint, mise en scène par Ben Standish et Brian Logan du Guardian, voit ses acteurs travailler dur – souvent trop dur – pour extraire une jovialité clownesque d'un conte de fées sur la recherche de nouveaux rôles.

Dhanak a quelque chose à dire sur le pouvoir et la responsabilité, mais quoi que ce soit, cela se trouve écrasé par l'intérêt plus grand de l'auteur pour la structure narrative et les commentaires autoréférentiels sur la mécanique des blagues. Malgré les efforts des acteurs, Pleure/Rire n'est ni assez drôle pour porter son histoire sinueuse et ses rebondissements absurdes, ni assez concentré pour articuler son intention politique.