Un soldat français servant au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) est mort et trois de ses collègues sont blessés, dont deux grièvement, après que leur patrouille a essuyé des tirs d'armes légères dans le sud du Liban. Les responsables de la force de maintien de la paix ont décrit l'incident comme une attaque délibérée, un sentiment repris par la ministre française des Armées Catherine Vautrin, qui a déclaré que l'équipe avait été prise en embuscade à très courte portée lors d'une mission visant à rouvrir l'accès à une position de la Finul isolée. Le soldat aurait été touché immédiatement par un tir direct et n'a pu être ranimé.

Le président français Emmanuel Macron n'a pas perdu de temps pour attribuer la responsabilité, affirmant que tout indique que le Hezbollah est à l'origine de l'attaque et exigeant des autorités libanaises qu'elles arrêtent les auteurs. Le groupe armé soutenu par l'Iran a cependant publié un communiqué samedi niant toute implication dans l'incident, qualifiant les accusations de précipitées et infondées, et appelant à la prudence en attendant l'enquête de l'armée libanaise. Le président libanais Joseph Aoun a condamné l'attaque lors d'un appel téléphonique avec Macron, promettant que justice serait rendue, tandis que le Premier ministre Nawaf Salam a ordonné une enquête.

L'attaque s'est produite dans le village de Ghanduriyah, où la patrouille de la Finul déminait des engins explosifs le long d'une route pour reconnecter des positions isolées. La Finul a déclaré que les tirs provenaient de ce qu'elle a décrit comme des acteurs non étatiques. Les Forces armées libanaises ont noté que l'incident faisait suite à des échanges de tirs avec des individus armés et ont souligné la coordination étroite avec la Finul pendant ce qu'elles ont appelé une phase sensible dans la région. Cela survient dans un contexte de tensions accrues depuis la reprise des combats entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, malgré un cessez-le-feu de 10 jours qui a débuté le 16 avril, un accord annoncé par les États-Unis qui a exhorté le Hezbollah à respecter ses termes.

Ce n'est pas une tragédie isolée pour la mission de maintien de la paix. Fin mars, trois casques bleus indonésiens ont été tués dans des incidents distincts impliquant une explosion qui a détruit un véhicule de la Finul et un tir de projectile la veille. La Finul a rappelé sévèrement à tous les acteurs que les attaques délibérées contre les casques bleus constituent des violations graves du droit international humanitaire et pourraient être qualifiées de crimes de guerre. La force, créée en 1978 après l'invasion du sud du Liban par Israël, a vu plus de 330 casques bleus tués depuis sa création. Son rôle a été élargi après la guerre de 2006 via la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a renforcé ses responsabilités dans la surveillance du cessez-le-feu le long de la Ligne bleue, la frontière de facto, en coordination avec l'armée libanaise.