La mer Méditerranée, longtemps considérée comme la cousine mignonne et moins menaçante du Pacifique en matière de tsunamis, cachait apparemment un dangereux secret. L'UNESCO, jamais avare de mots, a déclaré en juin 2022 qu'il y a 100 % de chances qu'un tsunami d'au moins un mètre frappe la Méditerranée dans les 30 prochaines années. Alors, préparez votre crème solaire et votre gilet de sauvetage.

Selon les archives historiques, la Côte d'Azur a connu une vingtaine d'incidents de tsunami entre le XVIe siècle et le début des années 2000, avec des vagues dépassant souvent deux mètres. Le tsunami de Nice en 1979, déclenché par un glissement de terrain sous-marin dû à un chantier portuaire, a tué huit personnes. Le séisme de Boumerdès en Algérie en 2003 a fait chuter le niveau de la mer jusqu'à 1,5 mètre le long de la côte française, endommageant bateaux et marinas. Et le séisme de la mer Ligure en 1887, d'une magnitude de 6,5 à 6,8, a provoqué un retrait soudain de la mer avant qu'une vague de deux mètres ne vienne gâcher la fête sur la plage.

Les autorités ont cartographié des zones d'évacuation le long de 1 700 km de côtes, touchant 187 communes et au moins 164 000 résidents – ou jusqu'à 835 000 estivants en été. Nice, avec son urbanisation dense et son attrait touristique, pourrait voir entre 10 000 et 87 000 personnes nécessitant une évacuation rien que des plages. Le système d'alerte actuel, Cenalt, peut détecter les séismes et envoyer des alertes en moins de 15 minutes, mais c'est trop lent pour les tsunamis locaux qui arrivent en moins de dix minutes. D'où des plans d'évacuation reposant sur des itinéraires piétons, des sites refuges et la sensibilisation du public. Nice dispose de près d'une centaine de sites refuges cartographiés et d'une plateforme interactive pour guider les gens, le tout dans le cadre du programme Tsunami Ready de l'UNESCO, qui a déjà certifié Deshaies en Guadeloupe et Cannes, Nice étant la prochaine.

Parce que quand une vague peut arriver en quelques minutes, savoir où courir fait la différence entre une histoire drôle et une histoire tragique.