La Cop31 est là, et la liste des invités ressemble à un potluck diplomatique où tout le monde a apporté des énergies fossiles et personne n'a apporté d'accord contraignant. L'Australie, qui s'était engagée à accueillir la conférence dès 2021, quand Anthony Albanese était encore dans l'opposition, a dû attendre son tour en raison de règles obscures, puis s'est violemment disputée avec la Turquie pour l'organisation. Le compromis : l'Australie mène les négociations, la Turquie les accueille à Antalya. L'amertume persiste, et l'Australie a semblé à certains un hôte plutôt tiède – sa couverture médiatique a été nettement plus discrète que celle des pays hôtes précédents, et si Albanese s'exprimera à l'ouverture du segment des dirigeants, il ne devrait pas s'attarder.

Chris Bowen, ministre australien du Climat et de l'Énergie, sera quotidiennement chargé des négociations. Comme l'approvisionnement énergétique de l'Australie relève aussi de son portefeuille, il s'est retrouvé dans la position inconfortable de promouvoir les énergies fossiles tout en insistant sur une transition énergétique propre. Pourtant, l'Australie a une histoire positive : tout en restant l'un des principaux exportateurs mondiaux d'énergies fossiles, elle a massivement investi dans les renouvelables, et l'énergie solaire s'est tellement développée que les consommateurs se voient parfois offrir de l'électricité gratuite. Un récit de décarbonation avec une touche d'exportations de charbon – classique.

Recep Tayyip Erdoğan, le président autocratique de la Turquie, ne s'intéressait guère au climat avant de briguer l'organisation du sommet de cette année. Ces cinq dernières années, la Cop s'est tenue en Égypte, aux Émirats arabes unis et en Azerbaïdjan – tous dans la même grande région – donnant un rôle démesuré au groupe arabe de pays, qui a un fort intérêt à ce que les intérêts des énergies fossiles, y compris leurs lobbyistes, soient bien représentés. Le ministre turc de l'Environnement, Murat Kurum, contrôle l'agenda d'action, un programme d'initiatives volontaires, qu'Erdoğan a utilisé pour promouvoir un intérêt clé de sa femme, Emine Erdoğan : réduire les déchets et promouvoir l'économie circulaire. Elle a appelé à mettre fin à la « culture du jetable » et à recycler plutôt qu'enfouir – même si la Turquie a encore des sites qui laissent échapper d'énormes quantités de méthane. L'économie circulaire, il s'avère, est plus facile à prêcher qu'à pratiquer.

Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie et l'un des principaux économistes de l'énergie au monde, serait l'un des conseillers derrière l'accent mis cette année sur l'électrification – remplacer les énergies fossiles par l'électricité pour le chauffage, les transports et l'industrie. Cela pourrait réduire de moitié l'énergie dont nous avons besoin et constitue la prochaine grande étape, après le développement de la production renouvelable, nécessaire à un monde bas carbone. Un rare exemple d'un conseiller qui conseille réellement quelque chose de sensé.

Le président brésilien récemment réélu, Lula da Silva, assistera à la Cop31 pour son premier voyage à l'étranger après sa victoire historique à un quatrième mandat. Il apporte deux feuilles de route : l'une un plan mondial pour la transition hors des énergies fossiles, l'autre pour stopper et inverser la déforestation. Elles ne sont pas contraignantes, ne contiennent ni échéances ni exigences fermes de la part des gouvernements, mais présentent une série d'étapes que les gouvernements peuvent suivre. En d'autres termes, une jolie brochure.

Xi Jinping, président de la Chine, ne sera pas présent, mais la transformation énergétique et industrielle rapide de son pays déterminera le cours de l'avenir de la planète. La Chine est la deuxième économie mondiale et le plus grand émetteur, représentant près d'un tiers des émissions annuelles mondiales de carbone, principalement en raison des énergies fossiles qui alimentent sa croissance économique explosive depuis 25 ans. Mais elle a aussi investi dans les énergies renouvelables, remodelant le secteur énergétique mondial. Xi sera peut-être absent d'Antalya, mais les hauts responsables qu'il envoie sauront que les pétro-États – dont la Russie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis – sont ses alliés importants. Cependant, les pays qui poussent pour un avenir bas carbone pourraient être plus importants encore, en tant que clients de la Chine. L'argent parle, et il parle les deux dialectes.

Pendant plusieurs mois cette année, le Premier ministre indien Narendra Modi a caressé une proposition intrigante : accueillir le sommet climatique de l'ONU Cop33 en 2028. Finalement, l'Inde