Le plus grand incendie de forêt de Belgique depuis des années a décidé que doubler sa taille une fois n'était tout simplement pas assez dramatique. Dimanche, les autorités ont annoncé que le brasier qui ravage les Hautes Fagnes, la plus grande réserve naturelle du pays, avait plus que doublé en 24 heures, entraînant l'évacuation de deux villages voisins et une véritable armada de moyens de lutte contre les incendies.

Des centaines de pompiers sont maintenant au troisième jour de lutte contre des flammes qui ont brûlé de 80 hectares vendredi à 850 hectares samedi, et un énorme 3 000 hectares dimanche matin, selon l'AFP. Parce que qui a besoin de subtilité quand on peut passer de 200 acres à 7 400 en moins de 48 heures ?

Les agriculteurs locaux, prouvant que les héros ne portent pas toujours des capes (ou des casques), ont transporté des camions-citernes vers le parc près de la frontière orientale de la Belgique avec l'Allemagne. Ils étaient soutenus par des avions bombardiers d'eau et des hélicoptères envoyés de Suède et des Pays-Bas - parce que quand votre propre jardin est en feu, vous appelez les voisins.

Les responsables belges ont noté que le terrain du parc - un mélange délicieux de tourbières, de landes et de forêts - a entravé les efforts. Apparemment, les tourbières et les flammes ne font pas bon ménage. Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin a tout de même offert une lueur de bonne nouvelle : deux fronts se dirigeant vers Jalhay et Monschau ont été maîtrisés. Mais les conditions restent difficiles, et les autorités comptent beaucoup sur l'assistance aérienne. Aucune maison n'a été touchée, ce qui est bien, mais la lande n'a pas cette chance.

Nicolas Yernaux, porte-parole des autorités régionales en Wallonie, avait déjà déclaré samedi qu'il s'agissait du « plus grand incendie de l'histoire récente » du pays. Les pompiers ont dû laisser brûler une partie de la lande car, comme l'a expliqué Yernaux, « la zone est très difficile d'accès ». Traduction : le feu est à l'endroit où l'on ne peut pas atteindre avec un tuyau.

Les équipes de secours n'ont pas pu accéder à la zone où l'incendie s'est déclaré, laissant la cause inconnue. On suppose que c'est soit un incendie criminel, soit une cigarette négligente, soit la façon pour Mère Nature de dire : « Vous auriez dû investir dans de meilleures coupe-feu. »

La Belgique n'est pas seule dans cette saga enflammée. Des incendies de forêt ont également été signalés en Croatie, en Espagne et en Serbie depuis vendredi, après un été de chaleur extrême qui a transformé des pans entiers de l'Europe en un en-cas croustillant. Dans les Landes, dans le sud-ouest de la France, un incendie a déclenché l'évacuation de 650 habitants samedi. Cet incendie a commencé jeudi, s'est rallumé samedi - parce que pourquoi rester éteint quand on peut revenir pour un rappel ? - et plus de 500 pompiers sont sur le coup.

Pendant ce temps, le service de surveillance du climat de l'UE, Copernicus, a confirmé que l'Europe occidentale vient de connaître sa période de juin à juillet la plus chaude jamais enregistrée. Donc, les paysages européens brûlent littéralement, et nous battons des records de chaleur. Coïncidence ? Nous laisserons les scientifiques en débattre, mais nous avons un soupçon.

Alors que l'Europe rôtit, la réserve naturelle belge couve, et les pompiers de trois pays s'associent pour combattre un enfer dans une tourbière, une chose est claire : le changement climatique ne frappe pas seulement à la porte - il met le feu au paillasson.