Dans les premières images de I Play Rocky, Anthony Ippolito s'avance nonchalamment dans un projecteur cru, incarnant physiquement le bras de fer entre la nervosité et une confiance en soi obstinée qui le fait entrer dans des salles d'audition où les directeurs de casting le comptent généralement parmi les outsiders. Il rassemble ses esprits, bombe le torse et hurle en tant que « Voyou n°2 » dans ce grognement profond et lent – comme s'il parlait en mâchant un faux-filet new-yorkais. On ne saura jamais s'il a décroché le rôle, mais dans ces moments, Ippolito excelle dans son rôle de Sylvester Stallone.

Ippolito est un coup de casting pour I Play Rocky, la comédie légère de Peter Farrelly sur la fabrication de Rocky, qui s'appuie fortement sur une nostalgie facile pour ce film oscarisé qui a conquis le public il y a 50 ans. Son apparence, sa physicalité et sa performance sont si justes et troublantes que je n'ai jamais cessé de voir Stallone – même lorsqu'il recrée des scènes si fermement ancrées dans la mémoire de la culture pop. Le titre du film en dit plus qu'il n'y paraît, car Ippolito ne joue pas seulement Sylvester Stallone jouant Rocky Balboa. Sa performance, peut-être intentionnellement, brouille la frontière entre Stallone et Rocky. Quand le Stallone d'Ippolito drague sa future épouse Sasha (AnnaSophia Robb, pleine d'âme) ou s'assoit dans un bureau pour se mesurer aux producteurs Irwin Winkler (PJ Byrne) et Robert Chartoff (Toby Kebbell), essayant de les convaincre qu'il mérite sa chance, je voyais Rocky.

Le film, présenté au festival de Toronto, reste par ailleurs une comédie dramatique légère sur les coulisses, riche en fan service et pauvre en émotion véritable – mais la performance centrale renversante d'Ippolito est l'événement principal.