L'élection suédoise est si serrée que même les votes ont des doutes
L'élection suédoise est si serrée que les blocs de gauche et de droite sont séparés par un seul mandat, parce que la démocratie adore un suspense insoutenable.
Les partis de gauche suédois s'accrochaient dimanche soir à une avance d'un seul mandat, la plupart des voix étant comptées, parce que rien ne dit « démocratie décisive » comme un photo-finish qui pourrait ne pas être résolu avant jeudi.
Plus tôt dans la soirée, les sondages à la sortie des urnes laissaient penser que le pays se dirigeait vers un tout nouveau gouvernement de gauche. Puis les votes réels sont arrivés et ont rappelé à tout le monde que les sondages à la sortie des urnes ne sont que de l'astrologie pour accros de la politique. Avec 80 % des voix comptées, les partis d'opposition de gauche menés par la sociale-démocrate Magdalena Andersson disposaient de 175 mandats, tandis que le bloc de droite mené par le premier ministre modéré Ulf Kristersson en avait 174. À 22 h 30 heure locale, la chaîne SVT prévoyait que seulement 20 000 voix séparaient les deux blocs. L'autorité électorale a déclaré qu'un décompte préliminaire pourrait ne pas être prêt avant jeudi, ce qui est une façon amusante de dire « allez vous coucher, on vous réveillera quand ça comptera ».
S'exprimant juste avant minuit, Andersson, dont le parti reste le plus grand de Suède mais semblait avoir obtenu son pire résultat depuis des décennies, s'est adressée à ses partisans avec le calme de quelqu'un qui a accepté que chaque voix doit être comptée. « Maintenant, nous allons devoir attendre les résultats définitifs. Mais mon message est clair : nous, sociaux-démocrates, serons toujours prêts à assumer la responsabilité du résultat. Il semble que ce sera très serré », a-t-elle déclaré. « Mais pour l'instant, nous sommes en tête. Si cela se confirme, la Suède aura un nouveau gouvernement. Mais nous devons attendre le résultat final, alors permettez-moi de terminer là où j'ai commencé : dans la démocratie, la plus belle chose que nous ayons. » Un sentiment émouvant, même si cela l'est peut-être moins si vous êtes celui qui attend le résultat.
Ce fut aussi une soirée difficile pour les Démocrates de Suède d'extrême droite, qui espéraient entrer au gouvernement pour la première fois mais sont passés du deuxième au troisième parti du pays. La vice-première ministre, Ebba Busch, des Chrétiens-démocrates, a déclaré à ses partisans que la Suède allait « se coucher avec l'incertitude » et pourrait devoir attendre mercredi pour un résultat, ce qui est au moins une amélioration par rapport à jeudi. Elle est restée catégorique : la coalition de droite au pouvoir devrait rester au gouvernement. « C'est un message très clair pour la seule alternative gouvernementale unie de cette campagne électorale », a-t-elle déclaré dans un discours optimiste. « Ce sera un vrai suspense, cela pourrait rester incertain jusqu'à mercredi. »
Ce suspense est venu après une campagne inhabituellement tendue et polarisée, ponctuée d'attaques personnelles entre dirigeants, d'accusations de désinformation et de publicités inspirées de MAGA. Les sondages laissaient présager une course extrêmement serrée, l'un d'eux montrant seulement 0,3 point de pourcentage entre les blocs de gauche et de droite. Les bureaux de vote ont ouvert à 8 h heure locale (7 h heure britannique), et l'enthousiasme semblait élevé : un record de 3,6 millions d'électeurs ont participé au vote anticipé, avec des files d'attente signalées dans certains bureaux. Quel que soit le résultat, les négociations de coalition devraient prendre des semaines, voire des mois, parce que pourquoi résoudre les choses rapidement quand on peut étirer le suspense ?
Le bloc de droite, connu sous le nom de partis de Tidö, est au pouvoir depuis quatre ans. Il comprend les Modérés, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux, avec un rôle de soutien pour les SD, le deuxième plus grand parti de Suède — jusqu'à maintenant. Le bloc d'opposition de gauche est formé du plus grand parti de Suède, les Sociaux-démocrates, du Parti du centre, du Parti vert et du Parti de gauche. La coalition de droite a brisé un tabou de longue date en 2022 en s'associant aux SD, qui ont des racines néonazies. Les SD ont tenté de se rendre plus acceptables pour le courant dominant en adoucissant leur rhétorique ouvertement raciste tout en soutenant que l'immigration est responsable des problèmes de criminalité en Suède. Après quatre ans dans un rôle de soutien, durant lesquels ils ont fait basculer une grande partie de l'establishment suédois à droite et ont eu une forte influence sur les politiques, l'approche des SD pour cette élection était plus effrontée. Si la coalition de droite gagne, le parti s'est vu promettre un rôle de premier plan au gouvernement, y compris des postes ministériels clés.
Le slogan de campagne des SD
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