Jouez à un jeu : demandez à n'importe quel chatbot un nombre aléatoire entre 1 et 10. Vous obtiendrez 7. Redemandez : 3 ou 4. Encore : 8 ou 9. Ce n'est pas de la télépathie - c'est de la pensée de groupe. Les grands modèles de langage sont prévisibles et manquent de créativité, ce qui est bien pour coder mais nul pour trouver des idées de vacances.

Entrez Springboards, une startup australienne, avec Flint - un LLM entraîné à accueillir les hallucinations plutôt qu'à les combattre. Le cofondateur Pip Bingemann a démontré : ChatGPT et Claude ont tous deux donné 7 ; Flint a donné 3,7916. Interrogé sur une marque de voiture, les modèles classiques ont dit Toyota ou Honda ; Flint a dit Ford F-150. Pour un slogan New Balance, Claude et ChatGPT ont tous deux dit « Run your way » ; Flint a proposé « Built to last, run to win. »

Cette homogénéité attire l'attention. Un article de novembre intitulé « Artificial Hivemind » a remporté le meilleur papier à NeurIPS, montrant que 25 LLM produisaient des métaphores quasi identiques pour le temps (« Le temps est un fleuve ») et des noms de groupes (avec « verre », « néon », « velours » ou « statique »). Springboards a construit Flint sur la base du Qwen 3 open source d'Alibaba, en ajustant le caractère aléatoire uniquement à des points de sortie clés - comme juste avant de nommer une destination - plutôt que d'augmenter la température globalement, ce qui peut provoquer des incohérences.

La stratège marketing Zoe Scaman a trouvé Flint utile pour des idées non conventionnelles, comme rebaptiser l'accumulation de richesse au lieu du traditionnel « éducation financière de manière amusante ». Mais le cofondateur Maximilian Weigl prévient : neuf fois sur dix, la moyenne est acceptable, et copier-coller la sortie de l'IA n'est pas un métier. Springboards cible les annonceurs pour l'instant, mais insiste sur le fait que la variété compte pour tout le monde. Comme le dit Bingemann, « Allons dans cette direction plutôt que de finir dans un monde gris et ennuyeux. »