L'armée israélienne a étendu ses opérations terrestres dans le sud du Liban, avertissant les habitants d'évacuer les zones situées au sud du fleuve Zahrani. Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont confirmé s'être emparées du château de Beaufort, un point stratégique sur une haute crête au-dessus du fleuve Litani, construit par les Croisés il y a 900 ans et maintes fois disputé depuis.
Chaque jour apporte une nouvelle expansion dans la guerre d'Israël contre le Hezbollah. Le dernier avertissement d'évacuation est la deuxième fois ces derniers jours qu'Israël ordonne aux habitants de quitter tout le sud du pays en dessous du fleuve Zahrani. Un porte-parole des FDI a déclaré qu'un « nombre significatif de soldats terrestres des FDI » étaient impliqués dans l'opération, qui « s'étend actuellement à d'autres zones ».
Pendant ce temps, le ministère libanais de la Santé a annoncé que 13 membres du personnel hospitalier avaient été blessés dans une frappe aérienne à proximité de l'hôpital Hiram à Tyr, causant des dégâts importants. La France, qui entretient des liens historiques avec le Liban, a demandé une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter des opérations militaires israéliennes. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré à la chaîne française BFMTV que la situation était une « grave erreur pour Israël ».
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la prise du château de Beaufort d'« étape spectaculaire et de changement dramatique dans notre politique ». Le ministre de la Défense Israel Katz a rappelé une bataille que l'armée israélienne avait menée pour le fort il y a 44 ans, affirmant que la brigade Golani était revenue et avait hissé le drapeau israélien au-dessus. Pour les Libanais, c'est le dernier monument historique saisi ces derniers jours, tandis que la ville de Nabatieh, plus au nord, semble être de plus en plus une cible des FDI.
Israël affirme intensifier son assaut contre le Hezbollah en réponse à l'escalade des attaques de drones explosifs et de missiles du groupe soutenu par l'Iran. L'armée a confirmé la mort d'un autre soldat, tandis que les écoles du côté israélien de la frontière ont été fermées par précaution. Samedi, le Hezbollah a tiré une vingtaine de projectiles vers cette zone.
Au Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé Israël d'une « politique de la terre brûlée et de punition collective » dans le sud. Une quatrième série de négociations entre les délégations gouvernementales israélienne et libanaise est prévue cette semaine à Washington. Depuis la reprise du conflit début mars, après que le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël en réponse à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, les autorités libanaises affirment que plus de 3 300 personnes ont été tuées, tandis que 25 soldats israéliens sont morts.