Elon Musk a visiblement estimé qu'un entretien volontaire avec les procureurs français à Paris ce lundi 20 avril ne faisait pas partie des impératifs de son agenda. La convocation s'inscrivait dans le cadre d'une enquête, lancée initialement en janvier 2025, sur des infractions pénales présumées liées au contenu de sa plateforme X.

L'unité cybercriminalité du parquet de Paris avait déjà perquisitionné les bureaux de X en février. L'enquête a ensuite été élargie en raison de préoccupations spécifiques concernant l'utilisation du chatbot Grok de X pour créer des deepfakes sexuels non consensuels. Lundi, le parquet a noté l'absence des personnes convoquées, mais a précisé que l'enquête se poursuivrait quoi qu'il arrive.

Interrogé pour commentaire, X a renvoyé la BBC vers un post de Musk datant de février, dans lequel il qualifiait l'enquête d'« attaque politique ». Cette position semble trouver un certain écho au sein du ministère américain de la Justice qui, selon un rapport du Wall Street Journal paru samedi, a informé les autorités françaises qu'il n'apporterait pas son aide à l'enquête et les a accusées de détourner le système judiciaire américain. Musk a réagi au rapport sur X en écrivant : « effectivement, cela doit cesser ».

Ce n'est pas la première fois que Musk sèche un rendez-vous judiciaire. Il avait également fait défaut à une comparution ordonnée par un tribunal à Los Angeles en septembre 2024 dans le cadre d'une enquête de la SEC américaine sur son rachat de Twitter.

L'enquête française portait initialement sur des allégations selon lesquelles l'algorithme de X avait été utilisé pour interférer dans la politique française. Elle s'est élargie pour inclure des inquiétudes concernant la diffusion par Grok de négationnisme de la Shoah et sa capacité à modifier des images de femmes, et apparemment de certains enfants, pour créer des deepfakes sexuels. Cela a déclenché des actions réglementaires contre X et sa société mère, xAI, au Royaume-Uni, dans l'UE et ailleurs.

Les procureurs enquêtent sur une série d'infractions présumées, notamment la complicité de détention ou de diffusion organisée de matériel d'abus sexuel sur enfants, l'atteinte au droit à l'image via des deepfakes sexuels, et une extraction frauduleuse présumée de données par un groupe organisé. X a nié toute faute, qualifiant les allégations de « sans fondement » et décrivant la perquisition de février comme une mise en scène qui déforme le droit français et menace la liberté d'expression.

Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X qui occupait ce poste pendant la période des infractions présumées, avait également été convoquée pour un entretien volontaire en avril aux côtés de Musk. Elle a fait écho à ses critiques, accusant précédemment sur X les procureurs français de mener « une vendetta politique contre les Américains ».