Festival de Cannes : Rien de tel qu'un thriller d'intrusion domestique pour changer d'air à Cannes, et l'adaptation par Léa Mysius du best-seller de Laurent Mauvignier, Histoires de la Nuit, n'est pas du tout mauvaise - même si elle perd de son élan narratif au troisième acte, et qu'un retournement choc particulier semble se déchoquer et se détordre. Néanmoins, elle offre une étrangeté rurale sinistre dans la France profonde, des fusillades déjantées, et une interprétation savoureuse de Benoît Magimel, qui, à chaque film, semble se métamorphoser davantage en un croisement entre Gérard Depardieu et Christopher Walken.
Dans un village bucolique très reculé, Thomas (Bastien Bouillon) est un agriculteur laitier travailleur qui a repris la petite exploitation familiale après le suicide de son père. Après une romance éclair, il a épousé Nora (Hafsia Herzi), une citadine plutôt glamour qui vient de débarquer dans le coin ; ils ont une fille, Ida, qui a récemment irrité Nora en postant une vidéo loufoque d'eux trois faisant une « danse familiale » débile qui est devenue virale. La famille s'entend bien avec une artiste élégante d'à côté, jouée par Monica Bellucci en grande forme. Thomas a des soucis d'argent - on le voit au téléphone essayer d'emprunter 300 € pour payer la fête d'anniversaire des 40 ans de Nora, qui approche. Le jour même, trois durs à cuire sinistres se pointent (Magimel, Paul Hamy, Alane Delhaye). On pourrait croire savoir qui ils sont venus voir et pourquoi - mais les choses sont un peu plus compliquées que ça.